Entre chien et loup : la veillée, naissance d'un mythe ? : les veillées en auvergne, du xixe siècle à nos jours : exposition, riom, musée francisque-mandet et musée régional d'auvergne, du 29 novembre au 30 décembre 2003
Philippe Bourdin
Ce produit a été victime de son succès !
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Encore présente dans l'imaginaire collectif, la veillée évoque le plus souvent
un moment d'intimité et de partage. Passage entre le jour et la nuit, ce temps
est également celui de la libération des imaginations et des fantasmes. Pourtant,
curieusement, la veillée est peu représentée dans l'iconographie et la littérature
et rarement traitée par les spécialistes.
Cet ouvrage, qui s'adresse à tout public, se propose d'étudier pour la première fois ce moment qui s'étend
de la fin des activités journalières au sommeil nocturne. Interrogeant objets, écrits, images, contes et
chants, des ethnologues, des sociologues et des ethnomusicologues,
ainsi que des historiens et des historiens de l'art se sont réunis pour,
chacun dans son domaine, rendre compte de ce que fut la veillée
en Auvergne aux XIXe et XXe siècles. Les différentes manières de
regroupement nocturne dans la société d'aujourd'hui sont
également abordées.
À cette occasion, l'artiste Jean-Paul Marcheschi livre son
interprétation contemporaine de la veillée à travers une
oeuvre monumentale présentée dans l'ancienne chapelle
du musée régional d'Auvergne et reproduite ici.
L'ensemble montre une image multiple de ces heures particulières,
au cours desquelles les hommes ont mis et mettent
encore en place des rituels dans l'attente de l'arrivée de la nuit,
heures étranges,
entre chien et loup.
L'Agence
des musiques traditionnelles
en Auvergne (AMTA),
pôle de ressources dans le domaine des musiques et danses
traditionnelles, est depuis toujours un témoin curieux de
souvenirs du passé et avide de projets d'avenir.
En travaillant pour les musiques de tous «les pays» qui
composent cette région, nous avons avant tout rencontré des
femmes et des hommes, ceux-là mêmes qui pensent, vivent
et construisent ces paysages.
Cette connaissance d'entre les sons ou d'entre les chansons,
c'est surtout celle de l'accès à une mythologie particulière qui
n'a jamais cessé d'exister et de s'adapter pour qu'on puisse la
saisir afin d'imaginer le temps de demain.
Aujourd'hui, nous sommes prêts et plus que jamais désireux
de partager notre expérience pour participer à la réalisation
de projets où la musique serait le lien avec toutes celles,
voisines, que sont le jazz, les musiques actuelles, les
musiques classiques, la musique vocale... qu'elles soient
issues de pratiques amateurs ou professionnelles.
Un autre aspect, et peut-être le plus important, est la possibilité
qu'a l'AMTA de poser une parole dans le vaste débat
qu'est celui du devenir des «pays» d'Auvergne, de l'aménagement
de ce territoire à son développement local.
Aujourd'hui tout particulièrement, au regard des expériences
mises en oeuvre dans l'autres régions voire dans l'autres
pays, nous pouvons participer à des réflexions susceptibles
d'utiliser notre savoir-faire. Si sans nul doute notre propos
reste périphérique, il n'en est pas moins porteur de sens pour
de nombreux desseins qui souhaitent propulser l'Auvergne
hors des stéréotypes et des enfermements dus à des mentalités
en difficulté face à la démesure du travail à accomplir.
C'est dans cet état d'esprit et pour toutes ces raisons que
l'AMTA s'est associée à ce projet transversal de recherche sur
la veillée en Auvergne, aboutissant à une publication écrite
et à une exposition.
Durant trois années, nous avons confronté nos approches,
nos savoir-faire et nos méthodologies pour aboutir à une
meilleure connaissance de l'organisation et des fonctions de
ce temps social qu'est la veillée.
Cette réalisation n'est autre qu'un des prolongements possibles
de nos missions.
Héritier de l'écomusée de la Margeride et du Groupe auvergnat
d'études régionales, dont plusieurs responsables furent,
il y a vingt ans, les fondateurs, le conservatoire régional de
l'Habitat et des Paysages est né à la fois, de la volonté de
transmettre aux générations futures certains sites remarquables,
et de la conviction qu'au-delà de la nécessaire
transformation des territoires, les paysages d'Auvergne
portent, aujourd'hui comme hier, les germes de nouveaux
développements.
Encore fallait-il conserver l'acquis et transmettre expériences,
savoirs, savoir-être dont l'empreinte marque
profondément l'architecture et les paysages et modèle,
actuellement, les comportements, longtemps après la disparition
des premiers habitants.
C'est pourquoi, dès sa création, puis son rattachement au
troisième cycle d'anthropologie et d'architecture de l'école
d'architecture de Clermont-Ferrand, le Conservatoire a
investi dans l'étude anthropologique des lieux, de leurs
usages et de leurs représentations.
La modernité a soumis le paysage à des représentations aux
antipodes des conceptions vernaculaires, selon lesquelles le
paysage est à l'image du cosmos, comme la cathédrale
gothique était à l'image de la Jérusalem céleste. Cette transformation
de nos rapports au monde s'est faite au profit de
la soumission de nos formes d'habitat aux sciences de la
nature. Le mouvement moderne a exprimé notre conception
du monde dans l'exaltation de l'air et de la lumière. Nos
pratiques constructives réduisent la relation de l'humanité à
l'étendue du monde en termes de descriptions «scientifiques»
quantifiables, là où autrefois, dans nos sociétés
traditionnelles, urbaines ou rurales, la ville et la nature
procédaient d'une seule et unique manière d'être au monde.
Ces sociétés avaient créé des lieux qui exprimaient la vie
humaine et le cadre de son existence dans une globalité
accessible à tous et à chacun. La veillée ou plutôt les veillées
réunissaient non seulement la famille, mais reconstituaient
l'écoumène dans un espace-temps réduit dont le lieu devenait
l'enveloppe d'un soir et l'instrument de la transmission
du savoir-être.
Comprendre la veillée et l'habitation dans leurs déclinaisons
multiples c'est partager la conception d'Augustin Berque
pour qui il ne peut y avoir, aujourd'hui comme hier, de
construction du monde «que dans le respect de la personne
humaine et dans le respect des milieux qu'elle investit de son
humanité».
C'est, à vrai dire, la seule utilité fondatrice et fondamentale
que nous confère la conservation des cultures et des lieux
qui en sont le produit. Tout un programme d'ambitieuse
modestie qui nous appelle à l'innovation. Certains nomment
cela création.
| 239 |
| 9782850566622 |
| 2003 |
| 1205 |
| Broché |
Encore présente dans l'imaginaire collectif, la veillée évoque le plus souvent
un moment d'intimité et de partage. Passage entre le jour et la nuit, ce temps
est également celui de la libération des imaginations et des fantasmes. Pourtant,
curieusement, la veillée est peu représentée dans l'iconographie et la littérature
et rarement traitée par les spécialistes.
Cet ouvrage, qui s'adresse à tout public, se propose d'étudier pour la première fois ce moment qui s'étend
de la fin des activités journalières au sommeil nocturne. Interrogeant objets, écrits, images, contes et
chants, des ethnologues, des sociologues et des ethnomusicologues,
ainsi que des historiens et des historiens de l'art se sont réunis pour,
chacun dans son domaine, rendre compte de ce que fut la veillée
en Auvergne aux XIXe et XXe siècles. Les différentes manières de
regroupement nocturne dans la société d'aujourd'hui sont
également abordées.
À cette occasion, l'artiste Jean-Paul Marcheschi livre son
interprétation contemporaine de la veillée à travers une
oeuvre monumentale présentée dans l'ancienne chapelle
du musée régional d'Auvergne et reproduite ici.
L'ensemble montre une image multiple de ces heures particulières,
au cours desquelles les hommes ont mis et mettent
encore en place des rituels dans l'attente de l'arrivée de la nuit,
heures étranges,
entre chien et loup.
L'Agence
des musiques traditionnelles
en Auvergne (AMTA),
pôle de ressources dans le domaine des musiques et danses
traditionnelles, est depuis toujours un témoin curieux de
souvenirs du passé et avide de projets d'avenir.
En travaillant pour les musiques de tous «les pays» qui
composent cette région, nous avons avant tout rencontré des
femmes et des hommes, ceux-là mêmes qui pensent, vivent
et construisent ces paysages.
Cette connaissance d'entre les sons ou d'entre les chansons,
c'est surtout celle de l'accès à une mythologie particulière qui
n'a jamais cessé d'exister et de s'adapter pour qu'on puisse la
saisir afin d'imaginer le temps de demain.
Aujourd'hui, nous sommes prêts et plus que jamais désireux
de partager notre expérience pour participer à la réalisation
de projets où la musique serait le lien avec toutes celles,
voisines, que sont le jazz, les musiques actuelles, les
musiques classiques, la musique vocale... qu'elles soient
issues de pratiques amateurs ou professionnelles.
Un autre aspect, et peut-être le plus important, est la possibilité
qu'a l'AMTA de poser une parole dans le vaste débat
qu'est celui du devenir des «pays» d'Auvergne, de l'aménagement
de ce territoire à son développement local.
Aujourd'hui tout particulièrement, au regard des expériences
mises en oeuvre dans l'autres régions voire dans l'autres
pays, nous pouvons participer à des réflexions susceptibles
d'utiliser notre savoir-faire. Si sans nul doute notre propos
reste périphérique, il n'en est pas moins porteur de sens pour
de nombreux desseins qui souhaitent propulser l'Auvergne
hors des stéréotypes et des enfermements dus à des mentalités
en difficulté face à la démesure du travail à accomplir.
C'est dans cet état d'esprit et pour toutes ces raisons que
l'AMTA s'est associée à ce projet transversal de recherche sur
la veillée en Auvergne, aboutissant à une publication écrite
et à une exposition.
Durant trois années, nous avons confronté nos approches,
nos savoir-faire et nos méthodologies pour aboutir à une
meilleure connaissance de l'organisation et des fonctions de
ce temps social qu'est la veillée.
Cette réalisation n'est autre qu'un des prolongements possibles
de nos missions.
Héritier de l'écomusée de la Margeride et du Groupe auvergnat
d'études régionales, dont plusieurs responsables furent,
il y a vingt ans, les fondateurs, le conservatoire régional de
l'Habitat et des Paysages est né à la fois, de la volonté de
transmettre aux générations futures certains sites remarquables,
et de la conviction qu'au-delà de la nécessaire
transformation des territoires, les paysages d'Auvergne
portent, aujourd'hui comme hier, les germes de nouveaux
développements.
Encore fallait-il conserver l'acquis et transmettre expériences,
savoirs, savoir-être dont l'empreinte marque
profondément l'architecture et les paysages et modèle,
actuellement, les comportements, longtemps après la disparition
des premiers habitants.
C'est pourquoi, dès sa création, puis son rattachement au
troisième cycle d'anthropologie et d'architecture de l'école
d'architecture de Clermont-Ferrand, le Conservatoire a
investi dans l'étude anthropologique des lieux, de leurs
usages et de leurs représentations.
La modernité a soumis le paysage à des représentations aux
antipodes des conceptions vernaculaires, selon lesquelles le
paysage est à l'image du cosmos, comme la cathédrale
gothique était à l'image de la Jérusalem céleste. Cette transformation
de nos rapports au monde s'est faite au profit de
la soumission de nos formes d'habitat aux sciences de la
nature. Le mouvement moderne a exprimé notre conception
du monde dans l'exaltation de l'air et de la lumière. Nos
pratiques constructives réduisent la relation de l'humanité à
l'étendue du monde en termes de descriptions «scientifiques»
quantifiables, là où autrefois, dans nos sociétés
traditionnelles, urbaines ou rurales, la ville et la nature
procédaient d'une seule et unique manière d'être au monde.
Ces sociétés avaient créé des lieux qui exprimaient la vie
humaine et le cadre de son existence dans une globalité
accessible à tous et à chacun. La veillée ou plutôt les veillées
réunissaient non seulement la famille, mais reconstituaient
l'écoumène dans un espace-temps réduit dont le lieu devenait
l'enveloppe d'un soir et l'instrument de la transmission
du savoir-être.
Comprendre la veillée et l'habitation dans leurs déclinaisons
multiples c'est partager la conception d'Augustin Berque
pour qui il ne peut y avoir, aujourd'hui comme hier, de
construction du monde «que dans le respect de la personne
humaine et dans le respect des milieux qu'elle investit de son
humanité».
C'est, à vrai dire, la seule utilité fondatrice et fondamentale
que nous confère la conservation des cultures et des lieux
qui en sont le produit. Tout un programme d'ambitieuse
modestie qui nous appelle à l'innovation. Certains nomment
cela création.
| Edition | Somogy,Musée Francisque-Mandet |
| Dimensions (L x H x E, cm) | 24 X 28 X 2.2 |
| Auteur | Philippe Bourdin |
| Nombre de pages | 239 |
| ISBN | 9782850566622 |
| Date de publication | 2003 |
| Poids (g) | 1205 |
| Reliure | Broché |
Ce produit a été victime de son succès !
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